Nous créons des emplois non délocalisables.

Publié le 8 octobre 2020

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Avec l’essor de la filière biogaz, les besoins de main d’œuvre et de nouvelles compétences grandissent. Les perspectives de développement pour les 10 prochaines années doivent nous permettre de créer des milliers d’emplois partout en France, au plus près des sites de production. Combien ? Lesquels ?

La France dispose de nombreuses ressources en énergies renouvelables. Elles sont autant d’opportunités pour créer des sites de production de biométhane. La mise en œuvre de ces nouvelles installations requiert différents intervenants : des ingénieurs pour réaliser les études de faisabilité et rédiger les dossiers techniques, des spécialistes pour effectuer les montages financiers et administratifs, mais aussi des ouvriers pour construire les sites, des techniciens pour les entretenir et des exploitants pour les faire fonctionner.

Dix années de croissance ininterrompue​

La filière biométhane a permis de créer de nombreux emplois directs et indirects, dans les territoires. Les directs désignent ceux liés à la production elle-même et les indirects concernent les entreprises et sous-traitants qui fournissent des prestations de services au secteur. On s’accorde sur une moyenne de 3 à 4 emplois directs par installation, notamment liés à l’exploitation et à la maintenance.

En 2009, nous recensions 870 personnes1 travaillant dans le biogaz. En 2019, environ 4 000 emplois étaient identifiés2. Ils se répartissent au sein de 500 entreprises, dont 35 équipementiers (fabricants de matériels notamment), et dans plus de 860 unités de production de biogaz, dont 123 qui le valorisent en biométhane.

Qu’est-ce qu’un emploi non délocalisable ?

Il s’agit d’un travail dont la continuité est assurée sur un territoire géographique donné. Le risque que cet emploi soit déplacé (délocalisé) est donc écarté. Les principales activités qui génèrent des emplois non délocalisables se situent actuellement dans le domaine de l’environnement.

Des milliers d’emplois à créer​

Avec le développement des deux modes de valorisation du biogaz : l’injection de biométhane dans le réseau de gaz naturel et la cogénération, les besoins en terme d’emplois seront de plus en plus nombreux. Une étude3 impliquant l’ensemble des acteurs de la filière fait état de trois scénarios quant au nombre d’emplois directs et indirects non délocalisables prévus à l’horizon 2030. Selon le nombre d’installations qui pourraient être opérationnelles à cette date (1 000, 2 000 ou 3 000 unités correspondant à des capacités de production différentes de 18 TWh, 38 TWh et 50 TWh), le nombre d’emplois serait multiplié par 4, 8 ou 13 par rapport à 2019 ! La filière donnerait ainsi du travail à plus ou moins 15 000, 30 000 ou 50 000 personnes, dont 60% en emplois directs et 40% en emplois indirects.

Des besoins diversifiées de compétences​​

Du CAP (Certificat d’Aptitude Professionnelle) au bac +5, toute une catégorie d’emplois couvre les besoins de la filière. Ils entourent la mise en place et le fonctionnement d’une unité de méthanisation : étude et ingénierie, génie civil et VRD (Voirie et Réseau Divers), équipements et leur pose, production et transport des CIVE (Cultures Intermédiaires à Valorisation Energétique), exploitation, maintenance des matériels…

Des cursus de formations ont également vu le jour ces dernières années. Ils sont adaptés aux développeurs de projets comme aux exploitants. Formations initiales ou continues, elles visent principalement à une meilleure compréhension des principaux enjeux liés à la méthanisation. Aux programmes : mécanismes biologiques, fonctionnement des équipements, critères de qualité de la production ou, encore, gestion des risques sanitaires et de ceux liés à la chaleur. Parmi les dernières formations recensées, celle de « Technicien(ne) de maintenance biogaz » est proposée par l’Institut des Ressources Industrielles. Une autre, à destination des agriculteurs sous la houlette du Ministère de l’agriculture et de l’alimentation, prépare en un an à un diplôme universitaire de « Mise en œuvre d’une unité de méthanisation ».

1 Source : Statista 2017
2 Sources : Transitions 2019 et Panorama du GR 2019
3 Source : Étude Transition juillet 2019