Nous valorisons nos terres.

Publié le 8 octobre 2020

Lecture 3 min

La qualité des sols joue un rôle d’une extrême importance pour la préservation de l’environnement. Grâce aux digestats que nous produisons lors du processus de méthanisation, nous permettons aux agriculteurs de valoriser efficacement leurs terres.

Les sols méritent tout notre attention

Source de vie et d’alimentation, les sols sont aussi nécessaires à la régulation du climat. Disposer de sols de qualité, c’est conserver la capacité de se nourrir, de filtrer l’eau de pluie, d’héberger une faune et une flore aussi nombreuses que variées, indispensable à sa régénération. On estime qu’un sol agricole de bonne qualité est constitué de 25% d’eau, 25% d’air, 45% de minéraux et de 5% de matière organique1. La préservation de cet écosystème est une priorité absolue, liée à une gestion durable à laquelle la méthanisation apporte sa contribution.

De la matière bien vivante

Les matières organiques que l’on trouve dans les sols, appelées biomasse, sont constituées de résidus d’animaux (excréments notamment), de décomposition de végétaux et de micro-organismes comme les bactéries. Selon qu’il s’agit de matière d’origine animale ou végétale, l’influence sur la qualité des sols est différente. On distingue 2 types de matière organique :

 

  • La matière organique active, ou labile : biodégradable, elle est rapidement assimilable par les sols. Elle constitue le principal aliment des organismes y vivant. Elle participe au bon état biologique des sols.
  • La matière organique stable, ou humus : elle se caractérise par une dégradation plus lente. Elle limite l’érosion du sol et augmente ses réserves en eau. L’humus est nécessaire à la fertilité des sols.

Avec le digestat, une réduction significative de l'usage d'engrais chimique !

Lors du processus de fabrication de biométhane, un résidu est récupéré lors de cette transformation : le digestat. Constitué de bactéries, de matières organiques non dégradées et de matières minéralisées, il peut être utilisé pour nourrir les sols car il contient encore de la matière organique en quantité suffisante pour servir d’engrais. Si on le compare à du fumier « classique », qui laisse échapper du gaz à effet de serre dans l’atmosphère et qui perd ses propriétés nutritives au fil du temps, le digestat utilisé comme fertilisant dans les sols s’avère beaucoup plus écologique et performant.

 

Mais si le digestat remplace avantageusement le fumier et le lisier, il est aussi un parfait substitut aux engrais chimiques dont il est bénéfique de réduire l’emploi.

Du stockage à l'épandage, on respecte les règles !

Le stockage du digestat répond à un cadre réglementaire précis. Il implique l’application de procédures strictes de la part des exploitants agricoles qui doivent surveiller le bon état de fonctionnement des équipements, notamment l’étanchéité des fosses de stockage. Le respect des distances d’isolement par rapport aux cours d’eau et aux habitations est également un point crucial afin d’éviter les risques et les conséquences d’éventuels rejets ou fuites.

 

Le contrôle de la « valeur agronomique » des digestats est un autre enjeu important avant de s’en servir comme engrais. L’objectif est de s’assurer de la qualité agronomique et sanitaire de ces résidus de la méthanisation, en d’autres termes de vérifier qu’ils ne représentent pas un danger pour les sols en raison d’une teneur trop forte en azote, ammoniac ou, encore, en phosphore. Plusieurs techniques « d’hygiénisation » peuvent être utilisées pour permettre le nettoyage du digestat avant son épandage.

 

Dernière étape, celle de l’épandage. Il répond aussi à des normes et à la mise en œuvre de bonnes pratiques. Il est réalisé avec des techniques qui limitent les émissions d’ammoniac. De même, lorsque les parcelles épandues accueillent du bétail, il convient de respecter un délai minimum avant le retour de celui-ci.

Les CIVE ont une forte capacité à générer du biogaz

Les CIVE, Cultures Intermédiaires à Vocation Énergétique, sont semées entre deux cultures principales dans le cadre d’une pratique de « rotation culturale », et sans concurrencer les cultures agricoles dédiées à l’alimentation. En couvrant les sols, elles piègent, non seulement les nitrates, mais participent aussi à l’amélioration de la structure des sols, au recyclage des éléments minéraux, au stockage de carbone sous forme de matière organique, et à la réduction de l’érosion engendrée par l’eau ou le vent.

 

Mais ce n’est pas la seule vertu des CIVE. Leur culture valorise économiquement et énergétiquement la biomasse produite. Grâce à leur fort développement végétatif, le rendement de la matière organique à l’hectare est plus important qu’avec un autre type de cultures intermédiaires appelées CIPAN (Cultures Intermédiaires Pièges à Nitrates).

Les principales CIVE selon la saison
CIVE d’été : maïs, sorgho, tournesol…
CIVE d’hiver : méteil (triticale, avoine, vesce de printemps, pois fourrager), Ray Grass Italien (RGI) alternatif diploïde, trèfle incarnat, trèfle de Micheli…

La méthanisation offre de nombreux avantages, tant pour les sols que pour la biodiversité, sans oublier les agriculteurs. Ils peuvent, d’une part, traiter les déjections de leurs animaux d’élevage et résidus de culture tout en produisant du gaz renouvelable injectable sur le réseau. D’autre part, ils ont la possibilité de se servir du digestat pour fertiliser les sols et, ainsi, réduire voire supprimer l’usage d’engrais industriels.

1Source : Unifa (Union des Industries de la Fertilisation). Mandatée par le Ministère de l’agriculture pour réaliser et publier les statistiques